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Daniel Broche
Manipulating search engines for profit become a serious problem (Brin & Page 2000)

Pousse au crime

Daniel Broche #adsense, #adword, #droit, #e-marketing, #google, #marque

Dans sa dernière note, JP Crenn reproche à certains sites de faire du parasitage commercial sans vergogne: Leurs campagnes de mots clefs utilisent les noms de marques de concurrents !
Il prend comme exemple le nouveau site de Krys dont il a participé au développement.

Cela m'a rappelé une discussion téléphonique récente que j'ai eu avec un concurrent. Nous avons convenu un accord d'exclusion réciproque afin que ni l'un ni l'autre ne profitions du trafic généré par nos noms d'enseignes pour faire des ventes. Il est prouvé que le donnant-donnant est de loin la meilleure stratégie en toutes circonstances...

L'exemple de JP Crenn m'a tout de même interpellé et j'ai voulu m'en rendre compte par moi-même.

En regardant d'un peu plus près, je me suis rendu compte que Google lui même proposait des combinaisons intégrant le mot "KRYS" dans ses suggestions !

exemple: vous voulez des expressions associées à "lentilles" car ce mot est trop cher ? Google suggère directement "lentilles krys" entre "prix lentilles" et "lentilles optiques"

Lentilles-krys

 Idem, si je recherche "opticien Lyon" qui correspond a un type de besoin ciblé pour Pages Jaunes ou Orange, Google suggère "opticien Krys Lyon"

Opticien-krys

Bon tout ceci n'a rien de spécifique à Krys et aux opticiens. Dans mon domaine favori, si je cherche les suggestions de Google pour Electromenager, il n'hésite pas à me suggérer "Bosch electromenager" ou encore mieux "Conforama electromenager" !

Electromenager-bosch

Rien d'étonnant au final que certains chargés de compte un peu pressés alimentent leurs campagnes avec des mots peu déontologiques, voire carrément illégaux.

Bien qu'il mette en garde ("Les termes énumérés ne vous sont pas conseillés ni recommandés"..."devez vous assurer que leur utilisation n’enfreint aucune législation ni ne porte atteinte aux droits de tiers, notamment au regard du droit des marques et de la concurrence déloyale"), je trouve que Google est tout de même pousse au crime.

Mais après tout il y a bien d'autres exemples en dehors d'Internet: Plus personne ne s'étonne qu'on vende des voitures qui peuvent rouler à 300km/h alors que les routes sont limitées à 130...

La seule différence c'est que l'activité de moteur de recherche n'est toujours pas soumise à la moindre réglementation, contrairement aux routes. Comme les fondateurs l'ont écrit prémonitoirement dans leur mémoire de Stanford en l'n 2000: "Manipulating search engines for profit become a serious problem".

Cela ne fait que commencer, on finira bien par trouver les règles de bon sens qui s'imposent...

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David 21/12/2012 16:33

Et oui la notion d'éthique dans le business...

pierre 21/12/2012 16:33

donc le mec avec son petit site de e-commerce, il achète chez google AdWords un nom de marque sans se poser de questions ??
et il fait du e-commerce ?! conditons de ventes, loi chatel, remboursement bancaire, etc cela lui dit rien ? Va aller loin.

pmdm 21/12/2012 16:33

Les tribunaux français ont assez souvent eu l'occasion de condamner les annonceurs peu scrupuleux qui réservent comme mots clés les noms de marques de leurs concurrents ou des noms de marques notoires. Plus d'une cinquantaine d'affaires de liens publicitaires sont remontées jusqu'aux tribunaux.
La question de la responsabilité de Google, spécialement du fait de son outil de suggestion, a également beaucoup occupé les prétoires. La jurisprudence a évolué (pour ne pas dire hésité) entre les qualification de contrefaçon de marque et responsabilité civile. Pour sa défense Google a toujours réclamé le bénéfice du régime de la responsabilité allégée des hébergeurs, ce que les tribunaux ont tous (à une exception près) refusé, estimant que l'activité de Google était celle d'une régie publicitaire et non celle d'un simple hébergeur. Ces notions sont appréciées différemment d'un pays à l'autre.
Les tribunaux de plusieurs pays (France, Autriche Allemagne, Pays-Bas) ont interrogé la Cour Européenne de Justice afin que celle-ci donne une interprétation unifiée de l'application de la Directive sur les Marques aux situations impliquant marques et liens publicitaires. La cour de cassation française a également interrogé la Cour de Justice sur l'application du régime des hébergeurs aux prestataires de liens publicitaires tels que Google.

Love from Tokyo 21/12/2012 16:33

En même temps, personne n'est jamais mort écrasé par Google ... quoique ... Ok je sors de ton blog.

denel 21/12/2012 16:33

merci daniel de m'avoir fait découvrir le blog de jean paul crenn
un must !

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